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dimanche 25 octobre 2009

Reprise... euh Vacances... euh...

OULALA! Ces dernières semaines furent dures! Une violente grippe a affaiblie Le Chef! Mais le voilà regonflé à bloc!
Malgré l'avis médical, Le Chef a choisi de retourner au travail 2 jours avant les vacances afin de ne pas rester inactif 15 jours de plus.
Conclusion : 7h de retard en technologie culinaire, 3 TP manqués, et plus si affinité! Le Chef a du pain sur la planche! Seul point positif, ce mois de "vacances" (propos de notre chère CPE) lui a permis de s'avancer dans la réalisation de ses cours! Travailler pendant un arrêt maladie... cherchez l'erreur!
Le jour de la reprise a été riche en émotions : des collègues étonnés du retour du Chef encore malade, les élèves tout excités à l'idée de le retrouver (excitation de 10 minutes!) et l'administration cherchant à connaître la maladie... psychose de la grippe A!
Après avoir ouvert son casier débordant, trier les papiers obsolètes, classer les sanctions qui ont eu lieu, et divers papiers administratifs, Le Chef entre dans sa salle de cours pour retrouver ses chers bambins!
- "Au programme de la journée : TECHNO, TECHNO, TECHNO! Il faut rattraper le retard"!
Un élève a fait remarquer que si ils avaient du retard c'était de la faute au Chef... Ni une, ni deux, exclusion, et colle de 8h! L'excitation des retrouvailles fut brève!
Journée classique mais épuisante pour les élèves, comme pour Le Chef d'ailleurs. Une journée de 9h à parler des produits de la mer (poissons, coquillages, mollusques), des produits laitiers (lait, beurre, yaourt, crème) et du service des approvisionnements...
Une petite anecdote tout de même! Malgré la "joie" de retrouver ces petits jeunes et leurs intellects, la réalité a vite fait son come-back!
Le Chef a choisi une accroche particulière pour son cours sur les poissons. Grâce à des cartes de restaurants, les élèves devaient rechercher tout les produits de la mer et les classer par catégorie (poissons, coquillages, crustacés). Sur une carte d'un restaurant japonais, un élève a jugé bon de classer le surimi (bâtonnet de crabe... sans crabe!) dans la catégorie des poissons. Interrogatif, Le Chef lui demande pourquoi? Réponse :
"Bah dans la publicité on le voit qui nage avec les autres poissons dans la mer!" dit il d'un air confiant et hautain.Le Chef lui explique donc que le surimi est composé des chairs de différents poissons ajoutées à divers additifs et autres colorants! Refusant ses torts, il rétorque, "si on ne peut même pas se fier à ce que l'on nous montre à la télé, ça craint. Je dois pas savoir grand chose alors..." (Non sans blague!!)
Image intéressante : imaginez ces petits bâtonnets, nageant, à contre courant, dans la Mer Morte, avec leurs petites têtes et petites nageoires...

Bref, Fin de journée, tête comme un compteur à gaz, maison, dodo!


mardi 29 septembre 2009

Etre ou ne pas être?


La laïcité désigne, au sens actuel, la séparation du civil et du religieux. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application. Au sens contemporain, elle est le principe d'unité qui rassemble les hommes d'opinions, religions ou de convictions diverses en une même communauté.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9
Voile, kippa, croix... La loi du 15 mars 2004 sur la laïcité à l'école interdit aux élèves certaines tenues et signes d'appartenance religieuse.

La loi sur la laïcité à l'école interdit les signes et des tenues dont le port conduit à faire immédiatement reconnaître une appartenance religieuse. C'est le cas, par exemple, du voile islamique, de la kippa ou d'une croix de dimensions manifestement excessives. La loi n'interdit pas les signes religieux discrets, comme une petite croix présentée comme un bijou. Les accessoires et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse (bandana, casquette…) sont également autorisés, à moins que le règlement intérieur de l'école, du collège ou du lycée ne les interdise.
La loi s'applique aux élèves de l'enseignement public scolarisés dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Dans les lycées, elle s'adresse à l'ensemble des élèves, y compris ceux qui étudient dans les filières post-baccalauréat : classes préparatoires aux grandes écoles ; sections de techniciens supérieurs (formation de deux ans, sanctionnée par le brevet de technicien supérieur). En revanche, les candidats qui viennent passer les épreuves d'un examen ou d'un concours dans les locaux des établissements scolaires publics ne sont pas concernés par cette loi.
Lorsqu'un élève se présente avec un signe ou une tenue interdit, le chef d'établissement doit engager immédiatement le dialogue avec lui. Il demandera notamment aux enseignants qui le connaissent de contribuer à résoudre ce problème. Le dialogue doit permettre d'expliquer à l'élève et à ses parents que le respect de la loi n'est pas un renoncement à leurs convictions. Si la discussion n'aboutit pas favorablement, le chef d'établissement saisira le conseil de discipline. Celui-ci sanctionnera l'élève. S'il prononce une décision d'exclusion, l'élève et ses parents rencontreront l'inspecteur d'académie pour examiner les conditions dans lesquelles peut se poursuivre sa scolarité.
La loi ne se borne pas à traiter la question des signes d'appartenance religieuse. Elle rappelle également l'ensemble des règles qui garantissent le respect du principe de laïcité dans les établissements publics. Ainsi, les élèves ne peuvent pas contester le droit d'un professeur d'enseigner certaines matières parce que c'est un homme ou une femme. Ils ne peuvent non plus s'opposer à ce qu'un enseignant n'appartenant pas à leur confession présente tel ou tel fait historique ou religieux. Enfin, ils doivent assister à l'ensemble des cours inscrits à leur emploi du temps, sans avoir la possibilité de refuser les matières (éducation physique et sportive, sciences de la vie et de la Terre) qui leur paraîtraient contraires à leurs convictions.
http://www.dossierfamilial.com/famille/scolarite/laicite-a-l-ecole-les-regles,1193




Une question récurrente est propre au milieu de l'éducation depuis bien longtemps : celle de la laïcité dans les établissements scolaires.
Les quelques informations précédentes résument la définition du terme "Laïcité" et la loi du 15 Mars 2004 portant sur les signes religieux à l'école.
Cependant, une faille existe entre le terme laïcité et la présente loi. Que faire des autres soucis quotidiens qui rentrent dans le cadre de la laïcité mais qui ne sont pas évoqués dans la loi?

Il est important de savoir, avant de rentrer dans le vif du sujet, que le premier cours de l'année scolaire porte sur le savoir vivre, le savoir être et l'esprit d'équipe. Par conséquent, la première mission que Le Chef s'est fixée est d'obtenir une classe unie au sens professionnel du terme.
La semaine dernière, Le Chef a discuté avec une de ses élèves qu'il ne trouve pas intégrée au reste de la classe. Lors d'un cours, Le Chef a constaté qu'elle a été la cible de plusieurs agressions verbales de la part de ses camarades qu'il n'a pas pu entendre. Après identification des élèves en question et avant de procéder à des sanctions, il était nécessaire d'avoir une discussion avec la jeune fille pour obtenir sa version de l'histoire. Le but de cet entretien était d'identifier le problème de cette mauvaise intégration, de trouver des solutions et de les appliquer.
Lors de cette discussion, elle a révélée son homosexualité. Il se trouve que cette jeune fille arborait une tenue plus que masculine avant que Le Chef n'impose sa loi! : jeans, Tee Shirt, baskets, cheveux très courts, piercing à l'arcade... L'opinion du Chef face à ce nouvel élément reste inchangé, ainsi que le traitement qui lui sera accordé. Cependant Le Chef a été très troublé en apprenant ce qui se passait dans sa classe.
Cela fait la seconde année qu'elle subit des remarques et des insultes au sujet de son homosexualité : "sale gouine", "Ne me touche pas, je veux pas être contaminé", sans citer les critiques les plus virulentes...
Les questions qui se posent sont les suivantes : Ces insultes rentrent elles dans le cadre de la loi dites de Laïcité? doit on remonter ce genre d'information pour obtenir des sanctions, sans dévoiler au grand jour le choix de vie privée de cette jeune? Avons nous le droit de sanctionner l'homophobie dans les lycées? Quelles sont les procédures à suivre?
Plus personnellement, Le Chef se demande comment cette adolescente va pouvoir réussir à s'intégrer dans une classe d'homophobe sans qu'elle ne renie son identité et ses choix? Comment peut elle accepter son statut si les autres ne sont pas à ses côtés pour l'aider et lui faire comprendre qu'elle est comme les autres?

Les jeunes sont bien difficiles entre eux, et bien souvent, malheureusement, à l'image de leurs parents. L'envie de changer la mentalité de la jeunesse est une des volontés du Chef mais elle reste totalement utopique. 

jeudi 27 août 2009

Gratin Dauphinois... For ever!

Un beau jour d'été 2009, Le Chef a reçu dans son casier une convocation, pour être jury examinateur à l'épreuve de pratique professionnelle de cuisine des examens BAC PRO, d'une durée de 5 heures. Envahi tout d'abord par la joie de faire son travail, puis soudainement trés perplexe à l'idée de faire 120Km pour examiner une dizaine d'élèves, Le Chef s'est raisonné.
Le D-Day, Le Chef trés matinal (passons...) prends sa voiture et arrive au lycée où se déroule les examens.
Lycée trés beau, implanté dans un chateau du 18e, avec des locaux professionnels d'une rare fonctionnalité et des matériels en trés bons états. Le Jury était constitué de 4 profs de cuisine de l'académie, ainsi que 4 professionnels du secteur de la restauration. L'acceuil fût trés chaleureux. Rien à en redire.
Lors du début de l'épreuve, Le Chef commenca à faire un petit tour dans la cuisine pour évaluer les candidats, noter les différentes erreurs ou bonnes actions qu'ils ont réalisés, et s'interesser à leurs techniques de préparations.
Soudain, surgit derrière les vapeurs des fourneaux, le candidat n°7... En observant son poste de travail, Le Chef s'apperçut, que ce fameux candidat, avait choisi de faire bouillir ses aubergines dans de l'eau salée et avec un couvercle. Chose à ne faire sous aucun prétexte, car l'aubergine est une éponge qui perd sa saveur et sa texture dans l'eau. Le Chef à rapidement donné conseil au candidat n°7 en toute discrétion et tout gentiment. Le candidat soulagé de voir qu'un jury pouvait être sympathique et donner des conseils même le jour d'un examen, a remercié Le Chef et lui a assuré qu'il allait rectifier sa technique.
Quelques instants plus tard (1h), l'erreur n'étant toujours pas corrigée, et les aubergines continuant à se gorger d'eau, Le Chef a répété au candidat, d'un ton légèrement plus sec, qu'il fallait absolument rectifier le tir sous peine de points en moins pour erreur sur une technique de base. Le candidat n°7 voyant l'heure tournée, répondit de façon trés évasive "oui oui je m'en occupe Chef". Autant dire va te faire voir!
Finalement arrive le moment fatidique de la fin de l'examen où les candidats commencent à sérieusement stresser et font un peu n'importe quoi. C'est le moment que Le Chef préfère car comme l'on dit dans le jargon de cuisinier, c'est le moment où l'on est dans le "jus". Le moment où l'on est débordé par le travail restant à finir et que tout cuisinier, aimant son métier, attend avec impatience. Le Chef s'approcha sur ses pattes de velours, du fameux candidat n°7 et de ses aubergines désormais désintégrées dans l'eau. Il lui fît la remarque, une dernière fois, lui disant :
"Tu vois comment réagissent les aubergines dans de l'eau. A l'avenir tu écouteras les personnes compétentes et j'espère que tu retiendras cette leçon. En attendant tu viens de perdre inutilement des points le jour de ton examen."
Etant assez fier de nature et de part la situation où Le Chef avait raison (encore une fois!^^), il n'a pas eu le temps d'observer les actes du candidat n°7, alors que celui-ci était en train de sortir un gratin Dauphinois du four disposé dans un trés beau poêlon en cuivre à une température de 250°C. Le candidat n'ayant visiblement pas trop apprécié le manque de modestie et oubliant que Le Chef était jury et son supérieur hiérarchique, a jeté "délicatement" son gratin Dauphinois à 250°C (qui avait l'air réussit), sur la belle et forte main du Chef...
La première réaction a été d'avoir mal, pour laisser ensuite place à une montée de rage vis à vis du candidat n°7. Et d'un ton trés agressif, supérieur, hotain et méchant, Le Chef pourrissa le candidat lui expliquant que les deux principales qualités d'un cuisinier était la patience et la maitrise de soi et qu'en l'occurence il n'en avait aucune des deux et que la note à son épreuve de cuisine serait de 0/20 (note éliminatoire) et que grâce à l'appui d'un courrier au rectorat de l'académie, il serait privé d'examen durant 5 ans.
Le Chef étant un sanguin de nature (je vous rapelle que la principale qualité du cuisinier est la maîtrise de soi...^^), la note de 0/20 a été maintenue, mais aucune lettre, le sanctionnant encore plus qu'il ne l'a été en ratant son BAC.
L'accident a eu lieu début Juin, on en voit encore les trâces à ce jour...