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mercredi 11 novembre 2009

Une journée comme les autres!

Nouvelle semaine, nouveaux défis!
La journée de Lundi avait pourtant bien commencé. Un réveil sympathique, un bon café, une douche et hop dans la voiture.
Arrivé au lycée, la matinée s'est articulée entre cours et photocopies. Un rendez-vous à midi avec mon chef des travaux, une petite clope et reprise des cours à 12h30... Les journées du Chef sont très condensées!
Le cours de 15h a fait basculé mon humeur joviale. Le Chef entame une nouvelle séquence avec une classe de bac pro alimentation/boucher. Cette séquence est essentielle puisqu'elle porte sur les viandes et durera 16h (8 semaines). Après le lancement de la séance de cours et après avoir exposé un jolie plan des semaines à venir, Le Chef demande :
« Pouvez vous me citer les différentes familles de viande? »
« Oui, MMOOOIII!! »
« Oui, très bien, nous t'écoutons G. »
« Alors on a les animaux de boucherie, les volailles, les gibiers... et ... euh... Les viandes mortes!
Un long silence...
« Les viandes mortes? C'est à dire? »
(histoire de lui laisser une chance!)
« Ben oui les viandes mortes qu'on ramasse au bord des routes! Pff, il connait rien le prof »


Bien évidemment l'histoire n'en ai pas restée là!
Il a tenu tout un laïus en expliquant que certains commerçants vendraient sous leurs étals des gibiers ramassés au bord des routes, à des prix défiant toute concurrence!
Voyant Le Chef très étonné et légèrement dubitatif quant à la véracité de ses propos, il enchaine en expliquant qu'ici ils sont pauvre, qu'ils font comme les grand-mères, ils aiguisent leurs sens pour la vie pratique dirons nous! Ce à quoi Le Chef a répondu que ce monologue de 10 minutes dans son cours et qui l'empêche d'avancer sa séance, était sans intérêt. Que ce dont il parlé n'était pas le sens pratique, mais un manque flagrant de savoir vivre bien que cela n'était guère étonnant en le regardant!

Et, magie de la pédagogie : plus un bruit! A savourer sans modération!
Le cours s'est bien fini, le polycopié rempli, et les connaissances transmises.

Mission accomplie (pour aujourd'hui!)

lundi 26 octobre 2009

Histoire de vacances!

L'image des enseignants n'est pas brillante... c'est un fait. On nous reproche une certaine feignantise causée par des horaires hebdomadaires qui paraissent, de l'extérieur, bien maigres, et des vacances scolaires un peu trop étendues.

Mais sait-on réellement d'où viennent ces vacances? Quelles sont leurs origines? De quoi se composent-elle? Tout autant de questions auxquelles Le Chef va tenter d'apporter une réponse!

L'article L. 521-1 du code de l'éducation nous informe qu'une "année scolaire comporte au moins 36 semaines réparties en 5 périodes de travail, de durée comparable, qui sont séparées par 4 périodes de vacance des classes". Ces périodes de vacances sont les suivantes :
Les vacances de la Toussaint qui s'étalent sur une semaine et demi. Elles sont généralement situées à la fin du mois d'Octobre et début du mois de Novembre.
Les vacances de Noël, longues de 2 semaines. Elles englobent les fêtes de Noël et le jour de l'an.
Les vacances d'hiver situées au mois de Février jusqu'à Mars, d'une durée de 15 jours.
Les vacances de Printemps, dernières vacances de l'année, durent 2 semaines.
Quant aux vacances d'été, encore surnommées les "grandes vacances", ne font pas partie des congés scolaires, mais marquent la rupture entre deux années.

A l’origine, les vacances rimaient avec  les principales manifestations religieuses du catholicisme, à l’exception des grandes vacances qui étaient liées aux activités rurales.
Dès 1231, le pape Grégoire II accordait des vacances pour les travaux agricoles. Ces vacances, qui ne devaient pas excéder un mois, portaient le nom  de « vendanges ».  En réalité, chaque établissement appliquait divers systèmes de vacances. L’ensemble des jours de congés scolaires suivait le calendrier des fêtes religieuses chrétiennes. Ces vacances avoisinaient 80 jours annuels. La Révolution et l’Empire édictèrent une réglementation unifiant les congés scolaires sur l’ensemble du territoire français.
Au cours du XIXe siècle, les congés scolaires vont peu à peu grignoter le temps de présence à l’école. C'est en 1800 que les seules vacances  accordées commençaient le 5 août, pour se terminer le 20 septembre. Ces vacances correspondaient à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.  Il  faudra attendre 1860 pour que Napoléon III accorde  5 jours de vacances supplémentaires pour les fêtes de Pâques.
La IIIe République uniformise les congés scolaires des premier et second degrés (écoles, collèges et lycées) par un arrêté en date du 11 février 1939, à savoir, 2 jours à la Toussaint, 10 jours à Noël, de 1 à 4 jours pour Mardi Gras, 2 semaines à Pacques et 1 mois et demi de grandes vacances.
Ces 10 semaines de congés ont été accordées pour exaucer les vœux des populations paysannes. En 1950, environ la moitié de la population française exerçait encore une profession rurale. La moisson et les vendanges s’étalaient d’août à la fin septembre et exigeaient la présence de nombreux bras, dont ceux des adolescents scolarisés.
Cependant, l’instauration des congés payés, grande victoire du mouvement ouvrier de 1936 mené par Léon Blum, bouleverse complètement le calendrier scolaire. A partir de 1955, avec l'aisance économique accompagnant "les 30 glorieuses", de très nombreuses familles salariées partent en vacances dès le 1er Juillet, désorganisant ainsi la fin de l'année scolaire située entre le 1er et le 15 Juillet.
L’école doit suivre le mouvement amorcé. Dès 1960, la rentrée est avancée au 16 septembre et le début des grandes vacances est fixé au 28 juin en 1961.  C’est alors que les grandes vacances atteignent leur maximum, 10 semaines de congé. La population agricole étant encore importante, et la petite paysannerie ayant toujours besoin de l’aide des adolescents, la circulaire fixant le calendrier scolaire de l’année 1960/1961 précise qu'il est prévu  des autorisations d’absences entre les 15 et 30 septembre accordées par l’Inspecteur académique, sur demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés aux travaux agricoles dans les départements viticoles compte tenu des travaux de vendanges.
Depuis 1981, les vacances se déchristianisent, les jours de congés liés au Mardi gras, deviennent les vacances d’hiver, celles de Pâques prennent la dénomination de vacances de printemps.
Sous l’impulsion des mouvements pédagogiques qui exigent un rééquilibrage des vacances scolaires, les "grandes vacances" devenues "vacances d'été", vont être amoindries avec l’extinction de la petite paysannerie française, soit 2 semaines de moins au profit des vacances de la Toussaint.
Cette nouvelle répartition suggérée au temps du ministère d’Alain Savary (1981/1984), repris par Jack Lang (1992/1993), tient compte, non seulement de l’intérêt des élèves, de la disparition du travail aux champs des adolescents, mais aussi des intérêts subtilement liés au tourisme. En effet, les mois de juillet et d’août ne peuvent être entamés sans risques de protestation  des corporations professionnelles ayant des activités touristiques d’été, d’où le maintien des 8 semaines de congés en été. En outre, les vacances d’hiver, anciennement liées au Mardi gras, ont permis le développement des stations d’hiver.

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Le Chef est en vacance, d'où les 30 apparitions du terme!


Dans un séjour paisible, asile de l'étude,
D'où le ciel a pour lui banni l'inquiétude,
Loin d'un monde orageux au charme suborneur,
Heureux le lycéen, s'il connaît son bonheur !

dimanche 25 octobre 2009

Reprise... euh Vacances... euh...

OULALA! Ces dernières semaines furent dures! Une violente grippe a affaiblie Le Chef! Mais le voilà regonflé à bloc!
Malgré l'avis médical, Le Chef a choisi de retourner au travail 2 jours avant les vacances afin de ne pas rester inactif 15 jours de plus.
Conclusion : 7h de retard en technologie culinaire, 3 TP manqués, et plus si affinité! Le Chef a du pain sur la planche! Seul point positif, ce mois de "vacances" (propos de notre chère CPE) lui a permis de s'avancer dans la réalisation de ses cours! Travailler pendant un arrêt maladie... cherchez l'erreur!
Le jour de la reprise a été riche en émotions : des collègues étonnés du retour du Chef encore malade, les élèves tout excités à l'idée de le retrouver (excitation de 10 minutes!) et l'administration cherchant à connaître la maladie... psychose de la grippe A!
Après avoir ouvert son casier débordant, trier les papiers obsolètes, classer les sanctions qui ont eu lieu, et divers papiers administratifs, Le Chef entre dans sa salle de cours pour retrouver ses chers bambins!
- "Au programme de la journée : TECHNO, TECHNO, TECHNO! Il faut rattraper le retard"!
Un élève a fait remarquer que si ils avaient du retard c'était de la faute au Chef... Ni une, ni deux, exclusion, et colle de 8h! L'excitation des retrouvailles fut brève!
Journée classique mais épuisante pour les élèves, comme pour Le Chef d'ailleurs. Une journée de 9h à parler des produits de la mer (poissons, coquillages, mollusques), des produits laitiers (lait, beurre, yaourt, crème) et du service des approvisionnements...
Une petite anecdote tout de même! Malgré la "joie" de retrouver ces petits jeunes et leurs intellects, la réalité a vite fait son come-back!
Le Chef a choisi une accroche particulière pour son cours sur les poissons. Grâce à des cartes de restaurants, les élèves devaient rechercher tout les produits de la mer et les classer par catégorie (poissons, coquillages, crustacés). Sur une carte d'un restaurant japonais, un élève a jugé bon de classer le surimi (bâtonnet de crabe... sans crabe!) dans la catégorie des poissons. Interrogatif, Le Chef lui demande pourquoi? Réponse :
"Bah dans la publicité on le voit qui nage avec les autres poissons dans la mer!" dit il d'un air confiant et hautain.Le Chef lui explique donc que le surimi est composé des chairs de différents poissons ajoutées à divers additifs et autres colorants! Refusant ses torts, il rétorque, "si on ne peut même pas se fier à ce que l'on nous montre à la télé, ça craint. Je dois pas savoir grand chose alors..." (Non sans blague!!)
Image intéressante : imaginez ces petits bâtonnets, nageant, à contre courant, dans la Mer Morte, avec leurs petites têtes et petites nageoires...

Bref, Fin de journée, tête comme un compteur à gaz, maison, dodo!


mardi 29 septembre 2009

Etre ou ne pas être?


La laïcité désigne, au sens actuel, la séparation du civil et du religieux. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application. Au sens contemporain, elle est le principe d'unité qui rassemble les hommes d'opinions, religions ou de convictions diverses en une même communauté.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9
Voile, kippa, croix... La loi du 15 mars 2004 sur la laïcité à l'école interdit aux élèves certaines tenues et signes d'appartenance religieuse.

La loi sur la laïcité à l'école interdit les signes et des tenues dont le port conduit à faire immédiatement reconnaître une appartenance religieuse. C'est le cas, par exemple, du voile islamique, de la kippa ou d'une croix de dimensions manifestement excessives. La loi n'interdit pas les signes religieux discrets, comme une petite croix présentée comme un bijou. Les accessoires et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse (bandana, casquette…) sont également autorisés, à moins que le règlement intérieur de l'école, du collège ou du lycée ne les interdise.
La loi s'applique aux élèves de l'enseignement public scolarisés dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Dans les lycées, elle s'adresse à l'ensemble des élèves, y compris ceux qui étudient dans les filières post-baccalauréat : classes préparatoires aux grandes écoles ; sections de techniciens supérieurs (formation de deux ans, sanctionnée par le brevet de technicien supérieur). En revanche, les candidats qui viennent passer les épreuves d'un examen ou d'un concours dans les locaux des établissements scolaires publics ne sont pas concernés par cette loi.
Lorsqu'un élève se présente avec un signe ou une tenue interdit, le chef d'établissement doit engager immédiatement le dialogue avec lui. Il demandera notamment aux enseignants qui le connaissent de contribuer à résoudre ce problème. Le dialogue doit permettre d'expliquer à l'élève et à ses parents que le respect de la loi n'est pas un renoncement à leurs convictions. Si la discussion n'aboutit pas favorablement, le chef d'établissement saisira le conseil de discipline. Celui-ci sanctionnera l'élève. S'il prononce une décision d'exclusion, l'élève et ses parents rencontreront l'inspecteur d'académie pour examiner les conditions dans lesquelles peut se poursuivre sa scolarité.
La loi ne se borne pas à traiter la question des signes d'appartenance religieuse. Elle rappelle également l'ensemble des règles qui garantissent le respect du principe de laïcité dans les établissements publics. Ainsi, les élèves ne peuvent pas contester le droit d'un professeur d'enseigner certaines matières parce que c'est un homme ou une femme. Ils ne peuvent non plus s'opposer à ce qu'un enseignant n'appartenant pas à leur confession présente tel ou tel fait historique ou religieux. Enfin, ils doivent assister à l'ensemble des cours inscrits à leur emploi du temps, sans avoir la possibilité de refuser les matières (éducation physique et sportive, sciences de la vie et de la Terre) qui leur paraîtraient contraires à leurs convictions.
http://www.dossierfamilial.com/famille/scolarite/laicite-a-l-ecole-les-regles,1193




Une question récurrente est propre au milieu de l'éducation depuis bien longtemps : celle de la laïcité dans les établissements scolaires.
Les quelques informations précédentes résument la définition du terme "Laïcité" et la loi du 15 Mars 2004 portant sur les signes religieux à l'école.
Cependant, une faille existe entre le terme laïcité et la présente loi. Que faire des autres soucis quotidiens qui rentrent dans le cadre de la laïcité mais qui ne sont pas évoqués dans la loi?

Il est important de savoir, avant de rentrer dans le vif du sujet, que le premier cours de l'année scolaire porte sur le savoir vivre, le savoir être et l'esprit d'équipe. Par conséquent, la première mission que Le Chef s'est fixée est d'obtenir une classe unie au sens professionnel du terme.
La semaine dernière, Le Chef a discuté avec une de ses élèves qu'il ne trouve pas intégrée au reste de la classe. Lors d'un cours, Le Chef a constaté qu'elle a été la cible de plusieurs agressions verbales de la part de ses camarades qu'il n'a pas pu entendre. Après identification des élèves en question et avant de procéder à des sanctions, il était nécessaire d'avoir une discussion avec la jeune fille pour obtenir sa version de l'histoire. Le but de cet entretien était d'identifier le problème de cette mauvaise intégration, de trouver des solutions et de les appliquer.
Lors de cette discussion, elle a révélée son homosexualité. Il se trouve que cette jeune fille arborait une tenue plus que masculine avant que Le Chef n'impose sa loi! : jeans, Tee Shirt, baskets, cheveux très courts, piercing à l'arcade... L'opinion du Chef face à ce nouvel élément reste inchangé, ainsi que le traitement qui lui sera accordé. Cependant Le Chef a été très troublé en apprenant ce qui se passait dans sa classe.
Cela fait la seconde année qu'elle subit des remarques et des insultes au sujet de son homosexualité : "sale gouine", "Ne me touche pas, je veux pas être contaminé", sans citer les critiques les plus virulentes...
Les questions qui se posent sont les suivantes : Ces insultes rentrent elles dans le cadre de la loi dites de Laïcité? doit on remonter ce genre d'information pour obtenir des sanctions, sans dévoiler au grand jour le choix de vie privée de cette jeune? Avons nous le droit de sanctionner l'homophobie dans les lycées? Quelles sont les procédures à suivre?
Plus personnellement, Le Chef se demande comment cette adolescente va pouvoir réussir à s'intégrer dans une classe d'homophobe sans qu'elle ne renie son identité et ses choix? Comment peut elle accepter son statut si les autres ne sont pas à ses côtés pour l'aider et lui faire comprendre qu'elle est comme les autres?

Les jeunes sont bien difficiles entre eux, et bien souvent, malheureusement, à l'image de leurs parents. L'envie de changer la mentalité de la jeunesse est une des volontés du Chef mais elle reste totalement utopique. 

lundi 14 septembre 2009

Pédagogie de la terreur!

Ce jour est marqué par la mise en application de la tenue imposée aux élèves par Le Chef. 
Début de journée, 8h05 : 
-"Bonjour Chef"
-"Bonjour à tous", répondit Le Chef, le regard braqué sur leurs tenues. "Toi, toi, toi, toi, toi et toi... Bureau des CPE! Tenues non conformes. Bonne journée."
Et voila! C'était arrivé. Ils n'avaient pas pris Le Chef au sérieux, et bien VLAM! Assumez les jeunes. 
...
Plus tard dans la journée, le grand moment du prof principal, à savoir, l'élection des délégués. 
Le Chef lit une fiche de poste des délégués indiquant toutes les tâches et obligations qui dépendent de ce poste. Il précise aussi qu'ils ont le droit de voter pour un élève qui ne s'était pas présenté et que si celui -ci était élu, il serait en droit d'accepter ou de refuser la fonction. L'élection se passe dans un débat politico-éducatif plutôt calme. L'heure du dépouillement arrive, ce qui nous conduit tous à la connaissance des résultats. Les deux délégués sont élus par majorité absolue. Cependant, un élève qui n'était pas candidat, a eu un nombre de voie suffisant pour lui permettre d'accéder au rang de suppléant.
Et là, c'est le drame : 
-"Ouai Chef, pourquoi il est suppléant? il est con, il est facho, il sait pas parler. Il est même pas capable de se présenter devant une personne, alors nous défendre et être délégué, vous imaginez même pas! Vas y, trop relou c'te truc."
C'est dur d'accepter que ces jeunes se permettent de rabaisser publiquement un élève qu'ils ont élu, le traiter de tous les noms d'oiseaux exotiques et tout ça en sa présence. 
Une montée de sang est arrivée dans le cerveau du Chef. Les élèves voyant ce qui se passait de l'autre côté du bureau, se calment, mais c'est trop... ça doit sortir : 
-"Mais pour qui vous prenez vous pour parler ainsi d'une personne qui est juste à côté de vous sans le regarder dans les yeux? Où avez vous reçu votre éducation pour faire preuve d'un comportement aussi misérable. Les idiots dans ce cas là, c'est précisément VOUS, vous qui êtes assez stupides pour voter pour lui alors que vous ne souhaitiez visiblement pas le voir élu! Encore un mot plus haut que l'autre et je vous colle tous 10 heures par mois jusqu'à la fin de l'année, pour copier des lignes sur le respect et le savoir être."
Un ange passe...
Les élèves, peu fier de leurs attitudes, se sont présentés en face du Chef à la fin de l'heure pour présenter leurs excuses, ce à quoi il répondit que ce n'était pas à lui de les accepter, mais à leur camarade. 
La morale de ce récit, est qu'il est bon de se sentir craint et respecté face à des jeunes écervelés et en manque d'identité. Le comportement du Chef parfois trop proche ou trop amical de ses anciens élèves, est bien loin. Et c'est tant mieux! 
Ce que Le Chef aime dans ce métier, c'est que l'on en apprend tout les jours, sur la politique, l'éducation, la pédagogie, et surtout, sur le comportement humain.

vendredi 11 septembre 2009

Tenue correcte exigée



Depuis le début de l'année, Le Chef a constaté une déchéance vestimentaire au sein de ses élèves. Il comprend que ces jeunes sont en manque d'identité et se cherche au travers de leur style. Le souci est que le métier qui les attend feront d'eux des stéréotypes du gendre parfait : propre, bien vêtu et soigné. Le Chef a donc décidé d'imposer un dress-code pour les formater dès la racine!
Après de longues recherches, il apparait que la tenue vestimentaire à l'école fait partie des débats importants de l'éducation.
L'opinion du Chef est plutôt partagé.
Le Chef gentil et compréhensif pense que ces jeunes sont dans la période où ils construisent leur identité et que leur tenue reflète les différentes périodes de leur adolescence : les "joggers", les gothiques, les filles qui s'assument! entres autres... Le fait d'imposer une tenue à l'école contribue à brider leur épanouissement.
Le Chef rigoureux et sévère pense qu'ils sont là pour préparer un métier où la présentation est essentielle.  Le prof qui se trouve devant des jeunes affublés d'une tenue d'un goût douteux, est souvent très perplexe à l'idée de les envoyer dans un métier qui leur demande goût, rigueur et sérieux.
Pour répondre à cette question purement pédagogique, quelques recherches ont été nécessaires.
Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'éducation, « les obligations des élèves consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études. Elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements ». Ainsi, si les élèves disposent, au sein de l'institution scolaire, d'un certain nombre de libertés (liberté d'information et liberté d'expression), l'exercice de ces libertés ne peut toutefois pas « porter atteinte aux activités d'enseignement » (article L. 511-2 du même code). Respecter le bon déroulement des enseignements, constitue donc une obligation de la part des élèves.
La discipline scolaire impose aux élèves des établissements d'adopter une attitude générale, tant physique que morale, et qui ne perturbe pas le bon déroulement des cours. Le comportement de l'élève se doit d'être en conformité avec ce qui va lui être demandé pendant le cours, y compris sur le plan vestimentaire. Il doit avoir un habillement qui lui permette la pratique de la discipline enseignée. Ainsi, en cours d'éducation physique, l'élève a l'obligation de revêtir une tenue de sport, l'apprentissage de la physique-chimie nécessite le port d'une blouse, et les travaux pratiques de cuisine imposent une tenue de cuisinier... Il s'agit, en premier lieu, d'une question de sécurité pour l'élève, mais pas uniquement. La tenue vestimentaire fait partie intégrante des outils dont il doit se munir pour suivre correctement ses cours, au même titre qu'un cahier, un livre de cours ou une fourniture spéciale, exigé par une matière ou un enseignement.
Le Chef a tranché. Il demande donc une tenue correcte dans l'ensemble des cours.
Voici la missive transmise à l'équipe pédagogique de la classe du Chef :
..."
Chers collègues,
Après le BEP, la plupart des élèves seront sur le marché du travail de la restauration.
Comme vous le savez surement, ce secteur professionnel, comme beaucoup d'ailleurs, est un domaine basé sur le comportement et la tenue qui se doit d'être exemplaire ( hygiène corporelle et tenue vestimentaire irréprochables ). Une bonne présentation est, je pense, à la base de notre métier.
Etant données vos exigences envers la classe et ce que j'ai pû observer, j'ai donc décidé d'imposer une tenue vestimentaire (conforme aux exigences du métier)  pour se présenter dans l'ensemble des cours et ce, pour plusieurs raisons :
Au niveau du lycée et du statut de l'élève :
Le premier devoir de l'élève, c'est celui d'apprendre. Pour lui, suivre une discipline, c'est bien entendu recevoir un enseignement, étudier une matière, découvrir une branche professionnelle. Mais c'est aussi, de façon indissociable, montrer son aptitude à suivre un ensemble de règles, de lois, d'obligations qui lui sont fixées par cette discipline ou cet enseignement.
de plus, le lycée n'est ni le lieu ni l'endroit pour exprimer ses idées politiques, religieuses ou représenter un certain milieu social au travers de ses vêtements (marques racistes ou façon de porter ses habits ) . Ne perdons pas de vue la notion de laïcité et d'égalité à l'école.
Au niveau du marché du travail :
Comme précédemment dit, la restauration est un métier de présentation. Le prétendant à un poste dans une entreprise se doit d'être présentable et en conformité avec le comportement professionnel intrinsèque au secteur qu'il a choisi.
Au début de la section VI du chapitre II du titre II du livre Ier du code du travail, se trouve l'article L.120-2, où il est inséré une sous-section 1 A intitulée : Neutralité vestimentaire des salariés.
Sous couvert de Monsieur le proviseur adjoint et des CPE, je vous demande de ne pas accepter un élève qui ne correspond pas aux critères définis ci dessous:
*Pantalon droit ou jeans simple de couleur foncée (sans trou, ni clou, ni fermeture,à hauteur de taille, tenu par une ceinture).
*Chemise rentrée dans le pantalon, ou polo simple sans aucun signe distinctif (pas de motif).
*Chaussure de ville. Baskets non acceptées.
*Manteau ou veste les plus simples possibles, sans fourrure ou autre signe distinctif.
L'élève se présentant en cours avec une tenue non conforme ne sera pas accepté et recevra une colle de 2h.
A cet effet, un mot a déjà été écrit dans le carnet de liaison, à l'attention des parents, qui ont signé un engagement pour faire respecter cette tenue.
La majeure partie d'entre eux ont , par ailleurs, commencé à se plier à ces règles car ils en comprennent l'intérêt.
Je vous demande donc votre aimable collaboration pour inculquer à nos élèves ces notions vestimentaires; il est dans notre intérêt à tous d'être cohérents et unis dans cette démarche.
Je suis à votre écoute pour d'éventuelles questions.
Bien aimablement.

"...
La tenue reflète souvent le comportement! Affaire à suivre...

mercredi 2 septembre 2009

Acte 2 : La rentrée des élèves

Etant prof principal cette année, ce matin Le Chef a accueilli ses élèves de 10h à 12h et avoue avoir eu un peu peur de la rencontre. 
Le Chef est allé au point de ralliement de sa classe dans le hall du lycée. Après en avoir difficilement trouvé 7 ou 8, nous voila en partance vers la salle de cours. Après avoir traversé la moitié du lycée (Le Chef a failli s'arrêter ramasser une branche pour faire canne de randonnée...), Le Chef a trouvé tout le reste de ses élèves devant sa classe. 
En slalomant entre des élèves d'autre collègues, Le chef a remarqué de nombreux regards braqués sur lui. Des regards sans méchanceté, mais remplis de curiosité : "Qui c'est lui?", "Il est Prof?", "C'est le nouveau?" Finalement une élève s'est approché de lui, lui demandant s'il était leur prof de cuisine, ce à quoi, il a répondu "oui". L'élève est partie en courant rejoindre ses copines pour leur dire "c'est lui!! c'est lui!! je te l'avais dis", "Wahoooo c'est bien d'avoir un prof jeune"! Plutôt mignon. 
L'effet c'est peu à peu propagé dans la classe jusqu'à obtenir un vacarme infernal que le Chef a stoppé d'un coup de livre sur le bureau! Ça pose l'ambiance. 
Le chef a fait son travail de Prof principal, puis a révélé aux élèves sa façon de travailler et tout ce qu'il n'aimait pas, notamment le bruit inutile. L'heure suivante c'est passée dans un calme plus ou moins prononcé, mais surmontable. Enfin pour finir la matinée, il s'est présenté aux élèves en leur racontant son parcours d'élève et de cuisinier. Le Chef aime raconter son parcours, car c'est une façon de montrer aux élèves ce qu'ils ont la possibilité de faire ou de trouver en lui un modèle de vie professionnelle à poursuivre. C'est également une façon de dire que le Chef à un certain savoir qu'il est prêt à transmettre et à expliquer, à conditions de travailler sérieusement. 
L'année a débuté : Prêt..., Feu, ... Partez!