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lundi 26 octobre 2009

Histoire de vacances!

L'image des enseignants n'est pas brillante... c'est un fait. On nous reproche une certaine feignantise causée par des horaires hebdomadaires qui paraissent, de l'extérieur, bien maigres, et des vacances scolaires un peu trop étendues.

Mais sait-on réellement d'où viennent ces vacances? Quelles sont leurs origines? De quoi se composent-elle? Tout autant de questions auxquelles Le Chef va tenter d'apporter une réponse!

L'article L. 521-1 du code de l'éducation nous informe qu'une "année scolaire comporte au moins 36 semaines réparties en 5 périodes de travail, de durée comparable, qui sont séparées par 4 périodes de vacance des classes". Ces périodes de vacances sont les suivantes :
Les vacances de la Toussaint qui s'étalent sur une semaine et demi. Elles sont généralement situées à la fin du mois d'Octobre et début du mois de Novembre.
Les vacances de Noël, longues de 2 semaines. Elles englobent les fêtes de Noël et le jour de l'an.
Les vacances d'hiver situées au mois de Février jusqu'à Mars, d'une durée de 15 jours.
Les vacances de Printemps, dernières vacances de l'année, durent 2 semaines.
Quant aux vacances d'été, encore surnommées les "grandes vacances", ne font pas partie des congés scolaires, mais marquent la rupture entre deux années.

A l’origine, les vacances rimaient avec  les principales manifestations religieuses du catholicisme, à l’exception des grandes vacances qui étaient liées aux activités rurales.
Dès 1231, le pape Grégoire II accordait des vacances pour les travaux agricoles. Ces vacances, qui ne devaient pas excéder un mois, portaient le nom  de « vendanges ».  En réalité, chaque établissement appliquait divers systèmes de vacances. L’ensemble des jours de congés scolaires suivait le calendrier des fêtes religieuses chrétiennes. Ces vacances avoisinaient 80 jours annuels. La Révolution et l’Empire édictèrent une réglementation unifiant les congés scolaires sur l’ensemble du territoire français.
Au cours du XIXe siècle, les congés scolaires vont peu à peu grignoter le temps de présence à l’école. C'est en 1800 que les seules vacances  accordées commençaient le 5 août, pour se terminer le 20 septembre. Ces vacances correspondaient à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.  Il  faudra attendre 1860 pour que Napoléon III accorde  5 jours de vacances supplémentaires pour les fêtes de Pâques.
La IIIe République uniformise les congés scolaires des premier et second degrés (écoles, collèges et lycées) par un arrêté en date du 11 février 1939, à savoir, 2 jours à la Toussaint, 10 jours à Noël, de 1 à 4 jours pour Mardi Gras, 2 semaines à Pacques et 1 mois et demi de grandes vacances.
Ces 10 semaines de congés ont été accordées pour exaucer les vœux des populations paysannes. En 1950, environ la moitié de la population française exerçait encore une profession rurale. La moisson et les vendanges s’étalaient d’août à la fin septembre et exigeaient la présence de nombreux bras, dont ceux des adolescents scolarisés.
Cependant, l’instauration des congés payés, grande victoire du mouvement ouvrier de 1936 mené par Léon Blum, bouleverse complètement le calendrier scolaire. A partir de 1955, avec l'aisance économique accompagnant "les 30 glorieuses", de très nombreuses familles salariées partent en vacances dès le 1er Juillet, désorganisant ainsi la fin de l'année scolaire située entre le 1er et le 15 Juillet.
L’école doit suivre le mouvement amorcé. Dès 1960, la rentrée est avancée au 16 septembre et le début des grandes vacances est fixé au 28 juin en 1961.  C’est alors que les grandes vacances atteignent leur maximum, 10 semaines de congé. La population agricole étant encore importante, et la petite paysannerie ayant toujours besoin de l’aide des adolescents, la circulaire fixant le calendrier scolaire de l’année 1960/1961 précise qu'il est prévu  des autorisations d’absences entre les 15 et 30 septembre accordées par l’Inspecteur académique, sur demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés aux travaux agricoles dans les départements viticoles compte tenu des travaux de vendanges.
Depuis 1981, les vacances se déchristianisent, les jours de congés liés au Mardi gras, deviennent les vacances d’hiver, celles de Pâques prennent la dénomination de vacances de printemps.
Sous l’impulsion des mouvements pédagogiques qui exigent un rééquilibrage des vacances scolaires, les "grandes vacances" devenues "vacances d'été", vont être amoindries avec l’extinction de la petite paysannerie française, soit 2 semaines de moins au profit des vacances de la Toussaint.
Cette nouvelle répartition suggérée au temps du ministère d’Alain Savary (1981/1984), repris par Jack Lang (1992/1993), tient compte, non seulement de l’intérêt des élèves, de la disparition du travail aux champs des adolescents, mais aussi des intérêts subtilement liés au tourisme. En effet, les mois de juillet et d’août ne peuvent être entamés sans risques de protestation  des corporations professionnelles ayant des activités touristiques d’été, d’où le maintien des 8 semaines de congés en été. En outre, les vacances d’hiver, anciennement liées au Mardi gras, ont permis le développement des stations d’hiver.

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Le Chef est en vacance, d'où les 30 apparitions du terme!


Dans un séjour paisible, asile de l'étude,
D'où le ciel a pour lui banni l'inquiétude,
Loin d'un monde orageux au charme suborneur,
Heureux le lycéen, s'il connaît son bonheur !

vendredi 11 septembre 2009

Tenue correcte exigée



Depuis le début de l'année, Le Chef a constaté une déchéance vestimentaire au sein de ses élèves. Il comprend que ces jeunes sont en manque d'identité et se cherche au travers de leur style. Le souci est que le métier qui les attend feront d'eux des stéréotypes du gendre parfait : propre, bien vêtu et soigné. Le Chef a donc décidé d'imposer un dress-code pour les formater dès la racine!
Après de longues recherches, il apparait que la tenue vestimentaire à l'école fait partie des débats importants de l'éducation.
L'opinion du Chef est plutôt partagé.
Le Chef gentil et compréhensif pense que ces jeunes sont dans la période où ils construisent leur identité et que leur tenue reflète les différentes périodes de leur adolescence : les "joggers", les gothiques, les filles qui s'assument! entres autres... Le fait d'imposer une tenue à l'école contribue à brider leur épanouissement.
Le Chef rigoureux et sévère pense qu'ils sont là pour préparer un métier où la présentation est essentielle.  Le prof qui se trouve devant des jeunes affublés d'une tenue d'un goût douteux, est souvent très perplexe à l'idée de les envoyer dans un métier qui leur demande goût, rigueur et sérieux.
Pour répondre à cette question purement pédagogique, quelques recherches ont été nécessaires.
Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'éducation, « les obligations des élèves consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études. Elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements ». Ainsi, si les élèves disposent, au sein de l'institution scolaire, d'un certain nombre de libertés (liberté d'information et liberté d'expression), l'exercice de ces libertés ne peut toutefois pas « porter atteinte aux activités d'enseignement » (article L. 511-2 du même code). Respecter le bon déroulement des enseignements, constitue donc une obligation de la part des élèves.
La discipline scolaire impose aux élèves des établissements d'adopter une attitude générale, tant physique que morale, et qui ne perturbe pas le bon déroulement des cours. Le comportement de l'élève se doit d'être en conformité avec ce qui va lui être demandé pendant le cours, y compris sur le plan vestimentaire. Il doit avoir un habillement qui lui permette la pratique de la discipline enseignée. Ainsi, en cours d'éducation physique, l'élève a l'obligation de revêtir une tenue de sport, l'apprentissage de la physique-chimie nécessite le port d'une blouse, et les travaux pratiques de cuisine imposent une tenue de cuisinier... Il s'agit, en premier lieu, d'une question de sécurité pour l'élève, mais pas uniquement. La tenue vestimentaire fait partie intégrante des outils dont il doit se munir pour suivre correctement ses cours, au même titre qu'un cahier, un livre de cours ou une fourniture spéciale, exigé par une matière ou un enseignement.
Le Chef a tranché. Il demande donc une tenue correcte dans l'ensemble des cours.
Voici la missive transmise à l'équipe pédagogique de la classe du Chef :
..."
Chers collègues,
Après le BEP, la plupart des élèves seront sur le marché du travail de la restauration.
Comme vous le savez surement, ce secteur professionnel, comme beaucoup d'ailleurs, est un domaine basé sur le comportement et la tenue qui se doit d'être exemplaire ( hygiène corporelle et tenue vestimentaire irréprochables ). Une bonne présentation est, je pense, à la base de notre métier.
Etant données vos exigences envers la classe et ce que j'ai pû observer, j'ai donc décidé d'imposer une tenue vestimentaire (conforme aux exigences du métier)  pour se présenter dans l'ensemble des cours et ce, pour plusieurs raisons :
Au niveau du lycée et du statut de l'élève :
Le premier devoir de l'élève, c'est celui d'apprendre. Pour lui, suivre une discipline, c'est bien entendu recevoir un enseignement, étudier une matière, découvrir une branche professionnelle. Mais c'est aussi, de façon indissociable, montrer son aptitude à suivre un ensemble de règles, de lois, d'obligations qui lui sont fixées par cette discipline ou cet enseignement.
de plus, le lycée n'est ni le lieu ni l'endroit pour exprimer ses idées politiques, religieuses ou représenter un certain milieu social au travers de ses vêtements (marques racistes ou façon de porter ses habits ) . Ne perdons pas de vue la notion de laïcité et d'égalité à l'école.
Au niveau du marché du travail :
Comme précédemment dit, la restauration est un métier de présentation. Le prétendant à un poste dans une entreprise se doit d'être présentable et en conformité avec le comportement professionnel intrinsèque au secteur qu'il a choisi.
Au début de la section VI du chapitre II du titre II du livre Ier du code du travail, se trouve l'article L.120-2, où il est inséré une sous-section 1 A intitulée : Neutralité vestimentaire des salariés.
Sous couvert de Monsieur le proviseur adjoint et des CPE, je vous demande de ne pas accepter un élève qui ne correspond pas aux critères définis ci dessous:
*Pantalon droit ou jeans simple de couleur foncée (sans trou, ni clou, ni fermeture,à hauteur de taille, tenu par une ceinture).
*Chemise rentrée dans le pantalon, ou polo simple sans aucun signe distinctif (pas de motif).
*Chaussure de ville. Baskets non acceptées.
*Manteau ou veste les plus simples possibles, sans fourrure ou autre signe distinctif.
L'élève se présentant en cours avec une tenue non conforme ne sera pas accepté et recevra une colle de 2h.
A cet effet, un mot a déjà été écrit dans le carnet de liaison, à l'attention des parents, qui ont signé un engagement pour faire respecter cette tenue.
La majeure partie d'entre eux ont , par ailleurs, commencé à se plier à ces règles car ils en comprennent l'intérêt.
Je vous demande donc votre aimable collaboration pour inculquer à nos élèves ces notions vestimentaires; il est dans notre intérêt à tous d'être cohérents et unis dans cette démarche.
Je suis à votre écoute pour d'éventuelles questions.
Bien aimablement.

"...
La tenue reflète souvent le comportement! Affaire à suivre...

mercredi 2 septembre 2009

Acte 1 : Pré-rentrée 2009

Comme dit précédemment, Le Chef est en mesure de carte scolaire mais ne reste pas chez lui à fonctionnariser devant la télé en attendant sa paye (Le Chef rit du statut de TZR mais certains ne choisissent pas cette situation, pas forcément très marrante!). Du coup il a accepté un poste dans un lycée à 1h de la maison.
Hier lors de la pré-rentrée, en arrivant au lycée, Le Chef était un peu stressé et sur les nerfs. La peur de l'inconnu, l'angoisse du statut de nouveau prof, de la situation de part la carte scolaire... 
Son courage entre ses deux mains, il est entré dans le lycée après 4 ou 5 clopes(...) et a été accueilli par l'ensemble des collègues lors de différentes réunions.
La rencontre : 
L'accueil a été très chaleureux par de nombreux nouveaux collègues. La jeunesse attiré par la jeunesse. Le Chef a sympathisé notamment avec son binôme (le prof de service qui travaille avec une moitié de la classe en salle, quand Le Chef est en TP avec l'autre moitié, en cuisine). 
Un autre genre de collègue l'a aussi très bien accueilli, à savoir les profs de 35-40ans. Voyant arrivé Le Chef dans son costume noir, bien coiffé et bien rasé, un troupeau de pré-ménopausée (humour noir mesdames!) s'est jeté sur Le Chef, lui posant plein de questions : "d'où viens tu avec ce bel accent? Tu es marié? Tu as des enfants? Oh mon pauvre ça doit pas être facile de se retrouver ici tout seul..." Bref voila Le Chef bien accueilli. 
Cependant, est un noté un évènement qui conditionnera toute l'année du Chef. Lors de la remise des emplois du temps, c'est toujours à celui qui aura le meilleur. Forcément, les collègues de cuisine on voulu voir celui du Chef et on vu qu'il était prof principal (PP) d'une classe. Forcément celle dont le collègue voulait être PP... Du coup la journée à été ponctuée de petites piques parfois saillantes au sujet du jeune âge du Chef et du fait qu'il aurait soit disant "piqué" le poste de prof principal. Le Chef est très sanguin surtout quand il est stressé (A bon entendeur!). Par conséquent Le Chef est allé le voir, lui signalant qu'il  n'avait pas demandé à être PP et qu'il n'était pas là pour leur piquer du travail. Et un ange passa. Ne sachant pas quoi répondre Le Chef a ajouté qu'il ne fallait pas être effrayé par son arrivé dans le lycée, mais qui s'il était jaloux ou inquiet, c'était pas le problème du Chef. Et là... le dialogue est rompu.
L'emploi du temps : 
Comme chaque année, le moment le plus stressant est la remise de l'emploi du temps. A savoir si chacun aura les classes qu'il veut, si il a des jours de libre la semaine, si ses cours sont regroupés de manière à éviter les heures d'attentes au lycée entre deux cours... 
Cette année a connue son lot de stress jusqu'au moment fatidique de le remise du document sacré! A cet instant une lueur de soulagement apparait dans les yeux de certain, ou bien au contraire, une vague de rage sort du plus profond de l'être! Je pense que le proviseur adjoint qui est en charge des emplois du temps, redoute ce moment chaque année. 
Le Chef est un peu mitigé sur le sien. 2 jours de libre par semaine mais 22h de cours. Du coup 3 grosses journées. 
                      => Arrêtez de rire!! 8h de cours dans une journée est très éreintant. Préparer son cours, les photocopier, préparer l'intero en relation avec ce cours, donner le cours, canaliser les élèves, corriger les copies...  Croyez bien qu'il faut le faire pour comprendre, car quand on dit 22h de travail devant les élèves, on dit aussi 33h de préparation à la maison, soit 55h de travail par semaine! Ceci est valable uniquement pour les profs qui font leur cours chaque année. 
De plus, autre souci sur l'emploi du temps, Le Chef se retrouve avec 2 classes de Bac Alimentation. Le souci est que je ne suis pas formé pour enseigner une telle matière. Du coup, j'ai refusé ces heures car je ne voyais pas la sagesse d'enseigner quelque chose que je ne maîtrise pas!
La réunion des prof principaux : 
C'est d'un chiant... Tout les ans, la même chose... compléter le cahier de liaison, faire les groupes, épeler chaque nom pour savoir s'il n'y a pas de fautes... 
Cependant une information nous a été livré! Voici leurs propos :
-P(roviseur) : "Nous sommes prêt pour la Grippe A"...,...
-C(ollègues) : "Ha Oui"
-P : "Oui nous avons 50 masques"...,...
-C : "Mais nous sommes plus de 500 au lycée"
-P : "Non, c'est juste pour les profs..."
A vous de comprendre ce que vous voulez!
Et enfin la journée est finie. Le Chef rentre chez lui et pense à ce que pourra être l'année. Que du bonheur...

mardi 1 septembre 2009

L'éducation nationale... à la carte...

Depuis quelques années, une réforme planne sur l'éducation telle une épée de Damoclès.
L'action se déroule dans les lycées professionnels, qui organisent leurs formations sur 4 ans : à savoir 2 ans de BEP et 2 ans de Bac Pro. Pour des raisons qui lui sont propre l'éducation nationale a choisie de supprimer l'ensemble des BEP et de réformer à son tour, le Bac Pro.
Adieu BEP, bonjour Bac Pro 3 ans.
Il parait que le fait de condenser 4 ans d'études en 3, permettrait aux élèves de mieux s'intégrer dans la formation et d'en réaliser l'enjeu... Le Chef pensait que c'était pour gratter quelques sous... Le Chef est naïf!
Mais quelle différence pour les profs? Et bien c'est simple... des suppressions de postes et d'autant plus de TZR (titulaire en zone de remplacement), c'est à dire des profs payés à rien faire et à attendre un coup de fil pour remplacer un prof absent. C'est ce que l'on appelle la mesure de carte scolaire.
C'est pour ces raisons que Le Chef a changé d'établissement pour cette rentrée.



Aventure à suivre...